{"id":903,"date":"2025-06-12T23:41:47","date_gmt":"2025-06-12T21:41:47","guid":{"rendered":"https:\/\/amanitv.media\/?p=903"},"modified":"2025-06-12T23:41:48","modified_gmt":"2025-06-12T21:41:48","slug":"un-nouveau-tournant-historique-que-lafrique-ne-peut-se-permettre-de-manquer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amanitv.media\/?p=903","title":{"rendered":"Un nouveau tournant historique que l&#8217;Afrique ne peut se permettre de manquer"},"content":{"rendered":"\n<p>Alors que l\u2019ordre mondial se recompose, le continent doit faire entendre sa voix et d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats avec unit\u00e9 et d\u00e9termination.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Said Djinnit, Ibrahim Assane Mayaki et El-Ghassim Wane<\/p>\n\n\n\n<p><br>Il y a un peu moins de trente-cinq ans, en juillet 1990 plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Salim Ahmed Salim, alors Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de<br>l\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine (OUA), pr\u00e9sentait \u00e0 la 52e session ordinaire du Conseil des ministres de l\u2019OUA un rapport<br>devenu historique: Les changements fondamentaux qui se produisent dans le monde et leurs cons\u00e9quences pour l\u2019Afrique<br>\u2013 Propositions pour une position africaine.<br>L\u2019id\u00e9e de ce document remontait pratiquement \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Salim \u00e0 la t\u00eate de l\u2019organisation. Fort d\u2019une riche exp\u00e9rience diplomatique, tant bilat\u00e9rale que multilat\u00e9rale \u2013 ayant notamment servi pendant une d\u00e9cennie comme repr\u00e9sentant permanent de son pays, la Tanzanie, aupr\u00e8s des Nations unies \u00e0 New York et assum\u00e9 d\u2019importantes responsabilit\u00e9s dans les structures intergouvernementales de l\u2019organisation mondiale \u2013, il \u00e9tait frapp\u00e9 par le rel\u00e2chement de l\u2019engagement des \u00c9tats<br>membres envers les id\u00e9aux fondateurs de l\u2019OUA. Avec le quasi-parach\u00e8vement de la lib\u00e9ration du continent du joug colonial<br>et les l\u00e9zardes de plus en plus visibles dans le syst\u00e8me finissant de l\u2019apartheid, l\u2019organisation \u2013 dont l\u2019action, dans la foul\u00e9e de la vague des ind\u00e9pendances des ann\u00e9es 60, avait jusqu\u2019alors essentiellement port\u00e9 sur la lutte contre la domination<br>\u00e9trang\u00e8re et la discrimination raciale \u2013 semblait en qu\u00eate d\u2019une nouvelle vocation. Les signes de cette apathie \u00e9taient<br>multiples: faible participation aux r\u00e9unions, retards r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans le paiement des contributions statutaires, d\u00e9sint\u00e9r\u00eat<br>croissant pour les m\u00e9canismes de solidarit\u00e9 panafricaine.<br>Et pourtant, les d\u00e9fis ne manquaient pas \u2013 ils avaient simplement chang\u00e9 de nature. Si certains conflits touchaient \u00e0 leur<br>fin, d\u2019autres persistaient ou \u00e9clataient, entra\u00eenant leur cort\u00e8ge bien connu de souffrances pour les populations civiles et,<br>quelquefois, d\u2019effondrement complet des structures de gouvernance. Le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et l\u2019int\u00e9gration<br>continentale, malgr\u00e9 les engagements pris dans le cadre du Plan d\u2019action et de l\u2019Acte final de Lagos de 1980, relevaient<br>davantage du registre des v\u0153ux pieux que de celui de la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue (ici). La situation des droits de l\u2019homme restait<br>pr\u00e9occupante, m\u00eame si l\u2019adoption, une d\u00e9cennie plus t\u00f4t, de la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples<br>\u2013 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1969 par la Convention de l\u2019OUA r\u00e9gissant les aspects propres aux probl\u00e8mes des r\u00e9fugi\u00e9s en Afrique \u2013<br>repr\u00e9sentait une lueur d\u2019espoir. L\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique, tout \u00e0 son bourgeonnement, connaissait certes une nouvelle jouvence,<br>mais la trajectoire demeurait incertaine et fragile.<br>La n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019Afrique de se ressaisir n\u2019en \u00e9tait que plus pressante. D\u2019autant que le monde traversait des bouleversements<br>majeurs marqu\u00e9s notamment par la chute du Mur de Berlin en novembre 1989 et la fin de la Guerre froide, le souffle de<br>la d\u00e9mocratisation en Europe de l\u2019Est et l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des dynamiques d\u2019int\u00e9gration en Europe et en Am\u00e9rique. Autant<br>de mutations qui imposaient \u00e0 l\u2019Afrique de s\u2019adapter et ouvraient au continent de nouvelles opportunit\u00e9s qu\u2019il se devait<br>imp\u00e9rativement de saisir, sous peine d\u2019\u00eatre rel\u00e9gu\u00e9 en marge du nouvel ordre mondial alors en gestation.<br>Salim ne se contenta pas de dresser un \u00e9tat des lieux, sans concession: il formula \u00e9galement des propositions concr\u00e8tes.<br>Structur\u00e9es autour des d\u00e9fis identifi\u00e9s, celles-ci furent pour l\u2019essentiel ent\u00e9rin\u00e9es par la D\u00e9claration sur la situation politique<br>et socio\u00e9conomique en Afrique et les changements fondamentaux qui se produisent actuellement dans le monde, adopt\u00e9e<br>par le 26e sommet ordinaire qui eut lieu \u00e0 Addis Abeba en juillet de la m\u00eame ann\u00e9e. Cette D\u00e9claration devait inspirer<br>une s\u00e9rie de d\u00e9cisions et d\u2019initiatives couvrant l\u2019ensemble des domaines d\u2019intervention de l\u2019organisation, tout en posant<br>les fondations des r\u00e9formes futures de l\u2019institution. Parmi ces avanc\u00e9es figurent notamment le Trait\u00e9 d\u2019Abuja de juin 1991<br>instituant la Communaut\u00e9 \u00e9conomique africaine; la D\u00e9claration du Caire de juin 1993, qui donna naissance au M\u00e9canisme<br>pour la pr\u00e9vention, la gestion et le r\u00e8glement des conflits; la D\u00e9claration de Lom\u00e9 de juillet 2000 sur les changements<br>anticonstitutionnels de gouvernement; et la D\u00e9claration solennelle sur la Conf\u00e9rence sur la s\u00e9curit\u00e9, la stabilit\u00e9, le<br>d\u00e9veloppement et la coop\u00e9ration en Afrique (CSSDCA), \u00e9galement adopt\u00e9e \u00e0 Lom\u00e9 et compl\u00e9t\u00e9e, en juillet 2002, \u00e0 Durban,<br>par un M\u00e9morandum d\u2019entente \u00e9non\u00e7ant des engagements exhaustifs et, \u00e0 tous \u00e9gards, r\u00e9volutionnaires, notamment sur<br>les questions de gouvernance (ici, ici et ici).<br>Bon nombre des progr\u00e8s accomplis par la suite par l\u2019Union africaine (UA) se sont inscrits dans le prolongement direct de<br>ces documents fondateurs. Comme soulign\u00e9 dans un texte marquant le 30e anniversaire de la D\u00e9claration de 1990, il est \u00e0<br>la fois injuste et inexact de r\u00e9duire l\u2019OUA \u00e0 un simple syndicat de chefs d\u2019\u00c9tat prompts \u00e0 se pr\u00eater mutuellement appui. Le<br>v\u00e9ritable tournant dans l\u2019\u00e9volution de l\u2019institution continentale s\u2019est op\u00e9r\u00e9 en 1990, et la continuit\u00e9 entre l\u2019OUA et l\u2019UA est<br>bien plus forte qu\u2019on ne le reconna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement.<br>Il existe un parall\u00e8le saisissant entre cette p\u00e9riode et celle que nous traversons aujourd\u2019hui: celui-ci r\u00e9side dans l\u2019ampleur<br>des bouleversements en cours. Le syst\u00e8me multilat\u00e9ral tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u au lendemain de la Seconde Guerre mondiale<br>traverse sans doute la crise la plus profonde de son histoire. En t\u00e9moignent les dysfonctionnements du Conseil de s\u00e9curit\u00e9,<br>pierre angulaire du syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective instaur\u00e9 par la Charte des Nations unies; l\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019Organisation<br>mondiale du commerce \u00e0 arbitrer les diff\u00e9rends commerciaux, d\u00e9sormais r\u00e9gl\u00e9s \u00e0 coups de tarifs et de contre-tarifs; ou encore l\u2019affaiblissement des r\u00e9gimes internationaux de d\u00e9sarmement, y compris sur la question des mines antipersonnel,<br>dont le danger avait pourtant suscit\u00e9 l\u2019un des \u00e9lans les plus marquants de mobilisation multilat\u00e9rale et citoyenne des<br>ann\u00e9es 90, d\u00e9bouchant sur le Trait\u00e9 d\u2019Ottawa de d\u00e9cembre 1997. Les \u00e9go\u00efsmes nationaux connaissent un regain manifeste,<br>illustr\u00e9 par la mont\u00e9e des sentiments anti-migrants et par la r\u00e9duction marqu\u00e9e de l\u2019aide au d\u00e9veloppement. Quant au droit<br>international \u2013 qui, faut-il le rappeler, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 totalement affranchi de la r\u00e9alit\u00e9 des rapports de forces, il continue de<br>faire l\u2019objet de violations graves.<br><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Si l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019agir \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fort en 1990 \u2013 \u00e9poque marqu\u00e9e par l\u2019optimisme post-Guerre froide et l\u2019\u00e9veil d\u2019un nouvel esprit<br>de coop\u00e9ration \u2013, il est aujourd\u2019hui encore plus pressant, car dict\u00e9 non plus par l\u2019espoir, mais par la n\u00e9cessit\u00e9 de faire face<br>\u00e0 une p\u00e9riode d\u2019instabilit\u00e9 et d\u2019incertitudes profondes<\/mark><br>Cette nouvelle conjoncture mondiale est lourde de p\u00e9rils pour l\u2019Afrique. Continent le plus pauvre et le plus faible sur la sc\u00e8ne<br>internationale, l\u2019Afrique subit de plein fouet la r\u00e9duction de l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement, dont les effets se font d\u00e9j\u00e0<br>durement sentir sur le terrain. Dans plusieurs pays, cette baisse compromet le fonctionnement m\u00eame des services sociaux<br>de base et fragilise davantage des syst\u00e8mes \u00e9tatiques d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caires. Les tensions g\u00e9opolitiques et autres se traduisent<br>par l\u2019intensification des luttes d\u2019influence, une course effr\u00e9n\u00e9e pour le contr\u00f4le des ressources du continent et une<br>internationalisation croissante des conflits et des crises qui l\u2019affligent. Les processus de recherche de solutions deviennent<br>ainsi plus complexes, plus opaques, souvent d\u00e9connect\u00e9es des priorit\u00e9s locales, rel\u00e9guant au second plan les m\u00e9canismes<br>multilat\u00e9raux africains patiemment construits au fil de d\u00e9cennies d\u2019efforts. L\u2019affaiblissement du syst\u00e8me multilat\u00e9ral affecte<br>plus durement l\u2019Afrique que la plupart des autres r\u00e9gions du monde. Bien qu\u2019imparfait, ce cadre permet au continent de<br>faire entendre sa voix, de construire des coalitions et de d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats. Son effritement risque de marginaliser<br>encore davantage les pays africains, en les livrant \u00e0 des rapports de force bilat\u00e9raux o\u00f9 leurs fragilit\u00e9s structurelles les<br>d\u00e9savantagent fortement.<br>Pourtant, cette crise peut aussi \u00eatre une opportunit\u00e9. La contraction de l\u2019aide internationale, pour d\u00e9vastatrice qu\u2019elle soit<br>sur les court et moyen termes, pourrait n\u00e9anmoins \u00eatre un choc salutaire. Elle rappelle au continent l\u2019urgence de r\u00e9duire<br>sa d\u00e9pendance et de renforcer sa r\u00e9silience. La pand\u00e9mie de Covid-19 avait d\u00e9j\u00e0 offert un aper\u00e7u dramatique de cette<br>vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle. Dans un contexte de comp\u00e9tition mondiale acharn\u00e9e pour l\u2019acc\u00e8s aux vaccins, l\u2019Afrique s\u2019\u00e9tait<br>retrouv\u00e9e quasiment abandonn\u00e9e, victime d\u2019un ordre international dont le fonctionnement \u00e9voquait, par bien des aspects,<br>la logique hobbesienne selon laquelle \u00ab l\u2019homme est un loup pour l\u2019homme \u00bb. Un sursaut collectif avait certes \u00e9merg\u00e9,<br>port\u00e9 par la peur commune face au d\u00e9sastre qui se dessinait: initiatives conjointes d\u2019achat de vaccins, m\u00e9canismes de<br>coordination continentale, appels renouvel\u00e9s \u00e0 la souverainet\u00e9 sanitaire. Mais ce fr\u00e9missement d\u2019action collective n\u2019a pas<br>surv\u00e9cu \u00e0 la dissipation de la menace imm\u00e9diate. Aujourd\u2019hui, alors que le soutien ext\u00e9rieur se tarit et que les incertitudes<br>s\u2019accumulent, l\u2019Afrique n\u2019a plus le luxe de retomber dans le m\u00eame attentisme. Elle doit apprendre \u00e0 compter davantage sur<br>ses propres forces et \u00e0 inscrire cette volont\u00e9 dans la dur\u00e9e, tout en b\u00e2tissant des solidarit\u00e9s concr\u00e8tes, notamment dans le<br>cadre des Nations unies.<br>La recomposition en cours du monde et la redistribution des cartes de la puissance qui l\u2019accompagne peuvent, elles aussi,<br>\u00eatre mises \u00e0 profit comme des leviers. Lors de la cr\u00e9ation de l\u2019ordre multilat\u00e9ral d\u2019apr\u00e8s-guerre, avec l\u2019Organisation des<br>Nations unies \u00e0 son centre, l\u2019Afrique \u00e9tait quasiment absente, repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Conf\u00e9rence de San Francisco qui eut lieu<br>d\u2019avril \u00e0 juin 1945 par seulement trois \u00c9tats (l\u2019\u00c9gypte, l\u2019\u00c9thiopie et le Lib\u00e9ria, l\u2019Union d\u2019Afrique sud ne pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e<br>comme repr\u00e9sentative du continent du fait de son syst\u00e8me de discrimination raciale) \u2013 tous marqu\u00e9s, \u00e0 des degr\u00e9s divers,<br>par les injustices et les \u00e9checs du syst\u00e8me international de l\u2019entre-deux-guerres. Elle ne peut se permettre de l\u2019\u00eatre une<br>seconde fois. C\u2019est en misant sur son unit\u00e9 qu\u2019elle pourra peser sur l\u2019architecture mondiale en gestation. Si l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019agir<br>\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fort en 1990 \u2013 \u00e9poque marqu\u00e9e par l\u2019optimisme post-Guerre froide et l\u2019\u00e9veil d\u2019un nouvel esprit de coop\u00e9ration,<br>il est aujourd\u2019hui encore plus pressant, car dict\u00e9 non plus par l\u2019espoir, mais par la n\u00e9cessit\u00e9 de faire face \u00e0 une p\u00e9riode<br>d\u2019instabilit\u00e9 et d\u2019incertitudes profondes.<br>La bonne nouvelle \u2013 au-del\u00e0 des opportunit\u00e9s qu\u2019offre, malgr\u00e9 tout, le moment actuel \u2013 est que l\u2019Afrique dispose aujourd\u2019hui<br>d\u2019atouts qu\u2019elle n\u2019avait pas au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il fallait poser les fondations: b\u00e2tir les instruments politiques,<br>normatifs et institutionnels dont le continent avait besoin pour agir collectivement. Ce travail, amorc\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res<br>d\u00e9cennies de l\u2019OUA, a depuis \u00e9t\u00e9 largement accompli. Il n\u2019existe aujourd\u2019hui aucun domaine strat\u00e9gique pour l\u2019Afrique \u2013 paix<br>et s\u00e9curit\u00e9, gouvernance, d\u00e9mocratie, droits humains, d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social \u2013 qui ne soit couvert par un<br>cadre continental pertinent. L\u2019Agenda 2063, feuille de route adopt\u00e9e en 2015 pour projeter le continent vers l\u2019avenir qu\u2019il<br>souhaite, donne une coh\u00e9rence d\u2019ensemble \u00e0 tous ces instruments et les inscrit dans une vision strat\u00e9gique partag\u00e9e.<br>Dans le domaine \u00e9conomique, l\u2019agenda de l\u2019int\u00e9gration est jalonn\u00e9 par des instruments majeurs comme le March\u00e9<br>unique du transport a\u00e9rien en Afrique (MUTAA), lanc\u00e9 en janvier 2018; l\u2019Accord sur la Zone de libre-\u00e9change continentale<br>africaine (ZLECAf) et le Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de r\u00e9sidence et le droit d\u2019\u00e9tablissement<br>(ici et ici), tous deux adopt\u00e9s en mars 2018; ainsi que par de nombreuses strat\u00e9gies sectorielles continentales portant sur<br>l\u2019industrialisation, l\u2019agriculture et les syst\u00e8mes alimentaires, les infrastructures, l\u2019\u00e9ducation, les sciences et technologies, ou<br>encore l\u2019environnement.<br>S\u2019agissant de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9, des droits de l\u2019homme et de la gouvernance, les normes adopt\u00e9es et les m\u00e9canismes<br>mis en place par l\u2019Afrique comptent sans conteste parmi les plus avanc\u00e9s au monde. Ils s\u2019articulent autour d\u2019un ensemble<br>coh\u00e9rent de textes, parmi lesquels: (a) le Trait\u00e9 sur la Zone exempte d\u2019armes nucl\u00e9aires en Afrique (Trait\u00e9 de Pelindaba)<br>de 1996, la Convention sur la pr\u00e9vention et la lutte contre le terrorisme de 1999 et son Protocole additionnel de 2004, le<br>Protocole relatif au Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 de 2002 \u2013 qui a tir\u00e9 les le\u00e7ons du fonctionnement et des insuffisances<br>du M\u00e9canisme du Caire, notamment l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 stopper le g\u00e9nocide des Tutsi au Rwanda en 1994 \u2013 et le Pacte de non-agression et de d\u00e9fense commune de 2005 (ici, ici, ici et ici); (b) les nombreux instruments additionnels \u00e0 la<br>Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples, dont ceux portant sur les droits des enfants et ceux des femmes,<br>les personnes d\u00e9plac\u00e9es et le droit \u00e0 une nationalit\u00e9 et l\u2019\u00e9radication de l\u2019apatride en Afrique (ici, ici, ici et ici); et (c) la<br>Charte africaine de la d\u00e9mocratie, des \u00e9lections et de la gouvernance de 2007, ainsi que d\u2019autres instruments connexes \u2013 la<br>Convention sur la pr\u00e9vention et la lutte contre la corruption, et les Chartes sur la fonction publique et sur la d\u00e9centralisation<br>(ici, ici, ici et ici).<br>\u00c0 ces fondements normatifs s\u2019ajoutent des organes d\u00e9di\u00e9s tels que le Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 (CPS), le M\u00e9canisme<br>africain d\u2019\u00e9valuation par les pairs (MAEP), le Bureau de lutte contre la corruption, la Commission africaine des droits de<br>l\u2019homme et des peuples et la Cour du m\u00eame nom (ici, ici, ici et ici).<br><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">L\u2019Afrique n\u2019a pas besoin de nouveaux outils. Ce dont elle a besoin, c\u2019est d\u2019un basculement tectonique: faire de l\u2019ex\u00e9cution<br>des engagements pris la priorit\u00e9 absolue. Ce que l\u2019on consid\u00e8re trop souvent comme une simple affaire d\u2019intendance doit<br>\u00eatre \u00e9rig\u00e9 en imp\u00e9ratif politique et strat\u00e9gique majeur<\/mark><br>Mais cet impressionnant arsenal normatif et institutionnel peine encore \u00e0 produire les r\u00e9sultats attendus, malgr\u00e9 les<br>ressources naturelles immenses du continent, une jeunesse nombreuse et dynamique, et une cr\u00e9ativit\u00e9 culturelle et<br>artistique mondialement reconnue.<br>La transformation \u00e9conomique du continent est encore \u00e0 r\u00e9aliser, avec des exportations domin\u00e9es par les mati\u00e8res premi\u00e8res<br>et une contribution minuscule \u00e0 la valeur ajout\u00e9e manufacturi\u00e8re mondiale. Le commerce intra-africain stagne \u00e0 des niveaux<br>an\u00e9miques \u2013 autour de 15 %, loin derri\u00e8re les autres r\u00e9gions. Le transport a\u00e9rien reste limit\u00e9 et prohibitif, avec des co\u00fbts en<br>moyenne 50 % plus \u00e9lev\u00e9s qu\u2019ailleurs, alors m\u00eame que la partie subsaharienne du continent abrite pr\u00e8s de 67% des personnes<br>vivant dans l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 dans le monde. Les besoins en infrastructures demeurent massifs, avec un d\u00e9ficit estim\u00e9<br>pr\u00e9sentement entre 70 et 110 milliards de dollars par an. Malgr\u00e9 les avanc\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les citoyens<br>africains \u00e9prouvent bien plus de difficult\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer sur le continent que ceux de plusieurs pays non africains, ayant<br>besoin de visas pour pr\u00e8s de 50% des voyages intra-africains. Les processus d\u00e9mocratiques sont confront\u00e9s \u00e0 de nombreux<br>d\u00e9fis, au premier rang desquels figure la r\u00e9surgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement, signe parmi<br>d\u2019autres de la profondeur des crises de gouvernance sur le continent. Concernant la paix et la s\u00e9curit\u00e9, la situation est tout<br>aussi pr\u00e9occupante: l\u2019Afrique compte aujourd\u2019hui plusieurs conflits arm\u00e9s actifs touchant quasiment toutes ses r\u00e9gions,<br>tandis que le nombre de personnes d\u00e9plac\u00e9es d\u00e9passe les 44 millions \u2013 soit pr\u00e8s de 3 % de la population du continent. Un<br>niveau sans pr\u00e9c\u00e9dent, qui t\u00e9moigne de l\u2019ampleur des fragilit\u00e9s accumul\u00e9es.<br>Cet immense foss\u00e9 entre l\u2019ambition normative et politique, d\u2019une part, et la r\u00e9alit\u00e9 de terrain, de l\u2019autre, s\u2019explique avant<br>tout par un d\u00e9ficit de capacit\u00e9 de mise en \u0153uvre. C\u2019est l\u00e0 que doit d\u00e9sormais se concentrer l\u2019effort. L\u2019Afrique n\u2019a pas besoin<br>de nouveaux outils; elle n\u2019a surtout pas le luxe de s\u2019engager dans une course sans fin \u00e0 la production de textes. Ce dont<br>elle a besoin, c\u2019est d\u2019un basculement tectonique: faire de l\u2019ex\u00e9cution des engagements pris la priorit\u00e9 absolue. Ce que l\u2019on<br>consid\u00e8re trop souvent comme une simple affaire d\u2019intendance doit \u00eatre \u00e9rig\u00e9 en imp\u00e9ratif politique et strat\u00e9gique majeur.<br>L\u2019urgence est d\u2019autant plus grande que l\u2019on sent que l\u2019id\u00e9al d\u2019unit\u00e9, jadis moteur des grandes avanc\u00e9es panafricaines, ne<br>mobilise plus avec la m\u00eame intensit\u00e9. Un fil s\u2019est quelque part rompu \u2013 entre les institutions et les peuples, entre le r\u00eave<br>d\u2019int\u00e9gration et les r\u00e9alit\u00e9s nationales fragment\u00e9es. Il est imp\u00e9ratif de restaurer la foi en l\u2019unit\u00e9 continentale, non comme<br>un slogan abstrait, mais comme une condition concr\u00e8te du renouveau. Sans cette conviction partag\u00e9e, il sera difficile<br>d\u2019imprimer \u00e0 l\u2019action africaine la vigueur et la coh\u00e9rence requises face aux d\u00e9fis immenses du moment.<br>Dans ce contexte, l\u2019intuition de Salim Ahmed Salim en 1990 est plus pertinente que jamais pour la Commission de l\u2019UA qui<br>vient tout juste d\u2019entamer son mandat et au succ\u00e8s de laquelle doivent \u0153uvrer toutes les bonnes volont\u00e9s sur le continent.<br>Elle se trouve aujourd\u2019hui \u00e0 un moment charni\u00e8re, qui lui donne l\u2019opportunit\u00e9 de marquer son passage par une initiative<br>audacieuse et structurante.<br>Concr\u00e8tement, il s\u2019agit pour elle de prendre l\u2019initiative d\u2019un rapport fondateur, dans la veine de celui de 1990 \u2013 un document<br>qui articule clairement les enjeux du moment, dresse un diagnostic sans complaisance de l\u2019\u00e9tat du continent et, surtout,<br>propose des r\u00e9ponses centr\u00e9es sur la mise en \u0153uvre effective des engagements d\u00e9j\u00e0 pris. Ce rapport devra en effet aller au-<br>del\u00e0 des constats: il devra nommer les urgences, secteur par secteur, et identifier les mesures concr\u00e8tes \u00e0 entreprendre pour<br>y r\u00e9pondre. Il devra rappeler une v\u00e9rit\u00e9 que tous reconnaissent en th\u00e9orie, mais que les pratiques nationales ne confirment<br>pas toujours avec la vigueur souhait\u00e9e: aucun pays africain ne peut esp\u00e9rer prosp\u00e9rer seul. M\u00eame unie, l\u2019Afrique restera<br>encore marginale sur la sc\u00e8ne mondiale pendant un certain temps, d\u2019autant que les perspectives de r\u00e9forme du Conseil de<br>s\u00e9curit\u00e9 \u2013 o\u00f9 l\u2019Afrique est le seul continent \u00e0 ne pas disposer d\u2019un si\u00e8ge permanent \u2013 semblent encore lointaines; d\u00e9sunie,<br>elle s\u2019offre en proie facile dans un monde qui n\u2019a jamais eu piti\u00e9 des faibles \u2013 et en a encore moins aujourd\u2019hui. L\u2019heure est<br>venue pour le continent de faire le pari de la coh\u00e9sion interne, tout en continuant \u00e0 cultiver la solidarit\u00e9 internationale.<br><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Si le rapport de 1990 doit servir d\u2019inspiration, celui propos\u00e9 ici devra aller bien au-del\u00e0, tant par l\u2019ambition qu\u2019il portera que<br>par l\u2019ampleur de la mobilisation qu\u2019il suscitera. L\u2019urgence de la situation, la complexit\u00e9 des d\u00e9fis et l\u2019ampleur des attentes<br>commandent une r\u00e9ponse qui soit \u00e0 la hauteur de ce qui se joue<\/mark><br>Dans cette entreprise de renouveau, l\u2019UA doit occuper une place centrale. Rien de durable ne pourra ni ne devra se concevoir<br>en dehors d\u2019elle. En tant que cadre institutionnel l\u00e9gitime de l\u2019unit\u00e9 continentale, elle est la mieux plac\u00e9e pour incarner<br>la voix et les ambitions collectives de l\u2019Afrique et acc\u00e9l\u00e9rer la mise en \u0153uvre de ses strat\u00e9gies de promotion de la paix,<br>d\u2019approfondissement de la d\u00e9mocratie et de respect des droits de l\u2019homme, ainsi que d\u2019int\u00e9gration et de d\u00e9veloppementdurable. Il faudra \u00e0 cet \u00e9gard inverser une tendance pr\u00e9occupante: celle qui voit des sommets organis\u00e9s avec des partenaires<br>ext\u00e9rieurs \u2013 bilat\u00e9raux ou multilat\u00e9raux \u2013 attirer davantage de chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement que les propres assises de<br>l\u2019organisation continentale.<br>Quant \u00e0 la Commission, il lui reviendra de tracer des chemins d\u2019action concrets et efficaces, d\u2019identifier les leviers qui<br>peuvent produire un impact tangible dans la vie quotidienne des centaines de millions d\u2019Africains qui n\u2019ont que trop attendu<br>des lendemains meilleurs, et d\u2019aider \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer la volont\u00e9 politique lorsqu\u2019elle fait d\u00e9faut ou faiblit. Dans cette entreprise,<br>l\u2019imagination et la cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019agilit\u00e9 et la souplesse sont ses meilleures armes.<br>Si le rapport de 1990 doit servir d\u2019inspiration, celui propos\u00e9 ici devra aller bien au-del\u00e0, tant par l\u2019ambition qu\u2019il portera<br>que par l\u2019ampleur de la mobilisation qu\u2019il suscitera. L\u2019urgence de la situation, la complexit\u00e9 des d\u00e9fis et l\u2019ampleur des<br>attentes commandent une r\u00e9ponse qui soit \u00e0 la hauteur de ce qui se joue pr\u00e9sentement. Pour atteindre ces objectifs,<br>l\u2019\u00e9laboration d\u2019un tel rapport devra s\u2019appuyer sur un processus de consultation aussi inclusif qu\u2019approfondi. Il ne saurait<br>s\u2019agir d\u2019un exercice technocratique men\u00e9 en vase clos. Les \u00c9tats membres devront naturellement y jouer un r\u00f4le central,<br>tout comme les Communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales, mais la parole devra aussi \u00eatre donn\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile africaine,<br>aux organisations de jeunesse et de femmes, aux milieux intellectuels et aux cercles de r\u00e9flexion, aux entrepreneurs et<br>innovateurs du continent \u2013 en un mot, \u00e0 toutes les forces vives dont le potentiel, jusqu\u2019ici sous-exploit\u00e9, ne demande qu\u2019\u00e0<br>\u00eatre mobilis\u00e9.<br>Une fois finalis\u00e9, le rapport devrait \u00eatre soumis \u00e0 un sommet extraordinaire de l\u2019UA \u00e0 son si\u00e8ge \u00e0 Addis Abeba, avec la<br>participation de tous les chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement, afin d\u2019en garantir l\u2019appropriation politique au plus haut niveau et<br>d\u2019en faire un v\u00e9ritable levier d\u2019action. Le sursaut attendu devra \u00eatre collectif, inclusif et r\u00e9solu.<br>Certes, un rapport ne r\u00e9soudra pas tout. Ce n\u2019est, au fond, qu\u2019un document. Mais sa valeur r\u00e9side dans l\u2019\u00e9lan qu\u2019il peut<br>susciter, s\u2019il est bien con\u00e7u, captivant notamment les imaginaires, bien port\u00e9, et suivi d\u2019effets. L\u2019histoire r\u00e9cente a montr\u00e9<br>que de tels exercices, bien men\u00e9s, peuvent avoir un effet catalyseur. C\u2019est ce qu\u2019a illustr\u00e9 le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations<br>unies, Ant\u00f3nio Guterres, avec la publication, en 2021, de \u2018Notre programme commun\u2019 dans un contexte de crise profonde<br>du multilat\u00e9ralisme et de grande inqui\u00e9tude face \u00e0 la COVID-19 \u2013 un texte qui a servi de tremplin pour le Pacte pour l\u2019avenir,<br>adopt\u00e9 en septembre 2024, et \u00e0 d\u2019autres initiatives strat\u00e9giques. La Commission europ\u00e9enne, de son c\u00f4t\u00e9, a r\u00e9cemment<br>mandat\u00e9 Mario Draghi pour poser un regard lucide sur l\u2019avenir de la comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019Europe et refonder son action<br>\u00e9conomique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Plus loin dans le temps, Boutros Boutros-Ghali avait lanc\u00e9, en 1992, \u2018Un agenda pour la<br>paix\u2019, qui structura l\u2019action onusienne pour plusieurs ann\u00e9es; et son successeur, Kofi Annan, \u00e0 l\u2019aube du nouveau mill\u00e9naire,<br>proposa \u2018Nous les peuples: le r\u00f4le des Nations unies au XXIe si\u00e8cle\u2019, texte qui servit de base au Sommet du Mill\u00e9naire et \u00e0<br>la D\u00e9claration \u00e9ponyme.<br>Il ne peut \u00eatre attendu de la Commission de l\u2019UA qu\u2019elle garantisse le succ\u00e8s d\u2019un tel exercice. Mais elle a le devoir de<br>poser les probl\u00e8mes, de mettre les \u00c9tats face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s, et de prendre l\u2019opinion africaine \u00e0 t\u00e9moin. Car \u00e0 des<br>moments d\u00e9cisifs de l\u2019histoire, le simple fait de nommer les choses avec clart\u00e9 et ambition peut enclencher des dynamiques<br>inattendues \u2013 et faire surgir, \u00e0 force de lucidit\u00e9, une volont\u00e9 collective nouvelle.<br>En mai 1963, lors du d\u00e9bat \u2013 de haute tenue \u2013 qui, \u00e0 Addis-Abeba, opposa les partisans d\u2019une approche graduelle de<br>l\u2019unit\u00e9 africaine \u00e0 ceux qui plaidaient pour une int\u00e9gration politique plus pouss\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part, Kwame Nkrumah eut sans<br>doute le tort \u2013 politique \u2013 d\u2019avoir eu raison trop t\u00f4t. L\u2019histoire, cependant, a r\u00e9troactivement valid\u00e9 sa vision: les limites de<br>l\u2019approche qui pr\u00e9valut \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019OUA sont aujourd\u2019hui manifestes, et les retards accumul\u00e9s p\u00e8sent lourdement sur<br>les perspectives du continent. Il appartient d\u00e9sormais aux dirigeants africains, par leurs actes et leur d\u00e9termination, de<br>rendre justice \u00e0 cette intuition visionnaire \u2013 f\u00fbt-ce avec plusieurs d\u00e9cennies de retard.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><br>Said Djinnit, de nationalit\u00e9 alg\u00e9rienne, a servi comme Directeur de Cabinet de Salim Ahmed Salim de 1989 \u00e0 1999,<br>avant d\u2019occuper par la suite les fonctions de Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint aux Affaires politiques \u00e0 l\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine et celles de Commissaire \u00e0 la Paix et \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l\u2019Union africaine. De 2008 \u00e0 2019, il a \u00e9t\u00e9 Repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies en Afrique de l\u2019Ouest, puis Envoy\u00e9 sp\u00e9cial du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des<br>Nations Unies dans la r\u00e9gion des Grands Lacs.<br>Dr. Ibrahim Assane Mayaki, de nationalit\u00e9 nig\u00e9rienne, est l\u2019ancien Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Agence de D\u00e9veloppement de l\u2019Union africaine (AUDA-NEPAD), ayant occup\u00e9 ce poste de 2009 \u00e0 avril 2022. De 1997 \u00e0 2000, il a assum\u00e9 les fonctions<br>de Premier ministre du Niger et de ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Dr. Mayaki a \u00e9galement eu une carri\u00e8re acad\u00e9mique,<br>ayant enseign\u00e9 au Niger, au Venezuela et en France, et dirig\u00e9 diff\u00e9rents centres de recherche. Il est Commandeur de<br>l\u2019Ordre du M\u00e9rite agricole de France et Membre associ\u00e9 de l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Agriculture fran\u00e7aise. Il a \u00e9galement re\u00e7u le Grand Cordon de l\u2019Ordre du Soleil Levant de l\u2019Empereur du Japon Naruhito.<br>El-Ghassim Wane, de nationalit\u00e9 mauritanienne, a \u00e9t\u00e9 Directeur du D\u00e9partement paix et s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la Commission de l&#8217;Union africaine et Directeur de cabinet du Pr\u00e9sident de la Commission de l\u2019UA. Il a aussi servi comme sous-Secr\u00e9taire<br>g\u00e9n\u00e9ral charg\u00e9 du maintien de la paix au si\u00e8ge des Nations unies \u00e0 New York et comme Repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du Secr\u00e9taire<br>g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies au Mali et chef de la MINUSMA. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 professeur invit\u00e9 aux Etats-Unis, en France<br>et au Royaume-Uni.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que l\u2019ordre mondial se recompose, le continent doit faire entendre sa voix et d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats avec unit\u00e9 et d\u00e9termination. Said Djinnit, Ibrahim Assane Mayaki et El-Ghassim Wane Il y a un peu moins de trente-cinq ans, en juillet 1990 plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Salim Ahmed Salim, alors Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral del\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine (OUA), pr\u00e9sentait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":904,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-903","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v18.5.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Un nouveau tournant historique que l&#039;Afrique ne peut se permettre de manquer - Amani TV<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/amanitv.media\/?p=903\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Un nouveau tournant historique que l&#039;Afrique ne peut se permettre de manquer - Amani TV\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Alors que l\u2019ordre mondial se recompose, le continent doit faire entendre sa voix et d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats avec unit\u00e9 et d\u00e9termination. 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